Parce que je garde au fond de moi un regret éternel, je ne saurais passer sous silence la noble cause dédiée au mois d’octobre. En effet, pendant longtemps, je m’en suis voulue de n’avoir pas été plus insistante auprès de mon père, en matière de dépistage, lorsqu’il se plaignait de migraines et coliques persistantes. En pleine forme au regard de son dynamisme professionnel, il a été fauché par un cancer foudroyant en quelques mois seulement après sa détection.

Sachant que les réunions du conseil des ministres et les tournées auprès des populations étaient permanentes à l’ère de la présidence Boni Yayi, je ne voyais que peu mes parents à l’époque des faits. Mais « tout est grâce », dit-on, et nous devons partager nos actes manqués afin d’éveiller les consciences.

Oui, nous pouvons éviter les cancers, en guérir même, croyez-moi. Ceci est une constante scientifique. Contrairement aux idées reçues et répandues au sein de nos communautés, notamment dans les milieux ruraux, le cancer n’est pas cette fatalité qui conduit inexorablement à la tombe. Grâce aux avancées réalisées dans les recherches scientifiques, le cancer peut de nos jours être prévenu, mais également entièrement guéri à moindre frais lorsqu’il est très vite détecté. Et c’est là tout le défi.

Ainsi, à titre préventif, pour éviter les cancers ou tout au moins amenuiser le risque d’en être victime, il faut, comme le recommande l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), s’abstenir de fumer, adopter une alimentation saine à base de fruits et légumes, conserver une masse corporelle saine, réduire la consommation d’alcool, faire régulièrement des exercices physiques et sportifs, se faire vacciner contre le papillomavirus (recommandé pour les filles entre 11 et 14 ans) sur prescription médicale et disponible dans les pharmacies, réduire son exposition à la pollution atmosphérique et à la pollution de l’air intérieur, notamment au radon (gaz radioactif issu de la désintégration de l’uranium, pouvant s’accumuler à l’intérieur des bâtiments – maisons, écoles et lieux de travail). Mais aussi, et surtout, se faire dépister immédiatement et précocement.

Pour les raisons évoquées supra, il me plaît d’insister sur le dépistage précoce, qui permet, dans le cas de l’existence de symptômes, une prise en charge et un traitement curatif dont les chances pour une guérison totale sont très élevées. Les exemples et témoignages à ce propos sont légion. Les tests de dépistage sont gratuits, pour le cas du Bénin, dans les centres de santé sur toute l’étendue du territoire national.

Nous avons tous, au moins une fois, été frappés de plein fouet, soit directement, soit par un être cher, des affres du cancer et point n’est besoin de revenir ici sur les manifestations de ce mal. Au Bénin, le cancer a connu une progression de 56,60% entre 2012 et 2018 en termes de nouveaux cas et de 49,13% en termes de décès. Le nombre de nouveaux cas de cancers (tous types de cancers confondus) enregistrés au Bénin en 2018 est de 8.300, parmi lesquels 5.667 sont malheureusement décédés. Le cancer du sein vient en tête avec 1.526 nouveaux cas, dont hélas 756 décès.

L’OMS nous renseigne que le cancer est à l’origine de 10 millions de décès en 2020 dans le monde. Fort heureusement, ce mal pernicieux peut être vaincu. Mobilisons-nous massivement pour les dépistages. Passe ce message autour de toi, tu sauveras des vies.

Bonne santé, sous la protection divine, à toutes mes amazoniennes, dont les seins sont précieux, ainsi qu’à tous mes amazoniens dont la vie demeure le plus grand don du ciel!

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Reckya Madougou