Written by Deoamen on octobre 26, 2019 in Non classé

J’ai échangé ce jeudi à @USEmbassyBenin, avec de jeunes leaders sur le thème «ONLY GOVERNMENT CAN MAKE SIGNIFICANT CHANGE IN A NATION DEVELOPMENT », affirmation soumise à un riche débat.

C’est heureux de constater que la croissance économique en Afrique continue de s’affirmer et que les progrès socio-économiques ont été importants sur l’ensemble du continent, avec toutefois des variations entre économies et entre régions. Cependant, nonobstant les prévisions optimistes, nous sommes à la croisée des chemins.

 

Nos perspectives de développement et de prospérité demeurent relativement obscurcies par une gouvernance qui gagnerait à s’améliorer. En dépit de cas de progrès significatifs comme celui du Togo qui vient de faire une remarquable percée dans le dernier rapport Doing Business en gagnant 40 places et surtout en se plaçant en tête des pays africains réformateurs, nous sommes encore trop souvent relégués en queue de peloton des indices d’évaluation de la gouvernance. Notamment, l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), les Indicateurs mondiaux de la gouvernance (Worldwide Governance Indicators) et l’indice Doing Business, publiés par la Banque mondiale.

 

De même en 2019, le coefficient de Gini qui mesure en quelque sorte le niveau d’inégalité des revenus en prenant pour base de comparaison l’égalité parfaite des revenus, démontre une forte à très forte inégalité dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest. Toutes analyses qui attestent d’une faible performance des États africains dans l’ensemble et d’une grande nécessité de combattre l’exclusion sous toutes ses formes en promouvant l’inclusion sociale, économique et politique.

 

Une transformation structurelle et une meilleure gouvernance s’imposent donc pour rendre nos économies plus inclusives et plus résilientes aux chocs internationaux. Il s’agira notamment d’adopter des politiques pour diversifier nos économies, tenir compte de nos avantages comparatifs dans l’élaboration et l’exécution des plans de développement nationaux et de mener des interventions vigoureuses en matière de renforcement du capital humain et de protection sociale.

 

C’est entre autres la vision que j’ai partagée avec des jeunes leaders engagés en quête d’un leadership volontariste à mettre au service de leur communauté. Dans un échange interactif à bâtons rompus, décomplexé et dynamique, de plus de trois heures d’horloge dans la langue de Shakespeare, nous avons identifié les leviers essentiels pour atteindre les objectifs ou défendre les causes que chacun d’eux porte. Ne pas dire mon admiration ici à ces jeunes agents de changement pour leur détermination ne serait pas leur rendre justice car ce fut un grand moment.

 

En ma qualité de membre de la belle communauté des Alumni américains, j’ai pu flairer lors de cette séance mutuellement enrichissante, que tous ces jeunes ont le potentiel nécessaire pour être sélectionnés dans divers programmes de développement du leadership initiés par le gouvernement américain et dont je puis personnellement témoigner de l’impact positif dans mon parcours. Ils bénéficieront, le cas échéant, d’expériences et de découvertes bénéfiques et impactantes pour leur pays pour peu qu’ils se laissent gagner par l’utile virus du leadership transformationnel.

 

Par ailleurs, la pratique de la langue anglaise est aussi un véritable atout pour s’ouvrir les chemins pluriels des opportunités et du monde. D’où l’intérêt majeur de ce programme « Fishbowl conversation » exécuté par l’Ambassade des États-Unis d’Amérique près le Bénin qui crée un cadre démocratique de pratique de la langue anglaise sur des sujets engageants et aspirationnels pour les jeunes, et dont j’ai eu l’honneur de diriger la session du jeudi 24 octobre.

 

Plus précisément, de notre thème du jour, nous nous sommes finalement accordés sur le fait qu’outre l’Etat, le secteur privé, la société civile et les citoyens doivent jouer leurs partitions. Le secteur privé doit assurer son rôle vital de moteur de la croissance économique qui engendrera la prospérité. Quant aux citoyens, avec le concours de la société civile notamment qui peut organiser des plaidoyers et exercer des pressions, ils doivent saisir tous les outils de la démocratie participative pour influer sur les choix étatiques et être des citoyens responsables.

 

 

#AgissonsEnsemble

Reckya Madougou

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